La grossesse transforme beaucoup de choses, y compris les cheveux. Beaucoup de futures mamans les trouvent plus épais, plus brillants, portés par les hormones ; d’autres constatent au contraire un cuir chevelu plus sensible ou des cheveux qui graissent plus vite. Voici comment adapter sa routine capillaire en toute sérénité pendant ces neuf mois.
Pourquoi les cheveux changent pendant la grossesse
L’augmentation des œstrogènes prolonge la phase de croissance du cheveu (phase anagène) et retarde sa chute naturelle, ce qui explique la sensation de chevelure plus dense pendant la grossesse. C’est aussi pourquoi beaucoup de femmes constatent, quelques mois après l’accouchement, une chute de cheveux post-partum plus marquée : c’est simplement le rattrapage du cycle normal, transitoire et sans gravité.
Les précautions à connaître sur les traitements chimiques
C’est le point sur lequel je suis la plus prudente avec mes clientes devenues enceintes, à l’époque où j’exerçais comme esthéticienne : certains traitements capillaires méritent d’être reportés ou discutés avec un professionnel de santé.
- Colorations et décolorations : les données disponibles sur le passage cutané des colorants restent limitées ; par précaution, de nombreux professionnels recommandent d’éviter le premier trimestre et de privilégier des techniques qui n’appliquent pas le produit directement sur le cuir chevelu (mèches, balayage) plutôt qu’une coloration racines.
- Lissages et traitements à la kératine : plusieurs formulations contiennent du formaldéhyde ou des dérivés, dont l’inhalation en institut fermé est déconseillée pendant la grossesse. Mieux vaut reporter ce type de soin après l’accouchement, ou demander en institut une formule certifiée sans formaldéhyde.
- Permanentes chimiques : pour les mêmes raisons de vapeurs et de composants actifs, elles sont généralement déconseillées pendant la grossesse.
Dans le doute, la règle que je retiens est simple : en parler à sa sage-femme ou son médecin avant tout traitement chimique, et privilégier les instituts qui informent clairement sur la composition de leurs produits.
Les alternatives naturelles à privilégier
Le henné neutre ou colorant, appliqué en institut ou à la maison, reste une alternative appréciée pendant la grossesse, à condition de vérifier l’absence d’additifs chimiques dans la formule. Les soins nourrissants comme l’huile d’amande douce, l’huile d’argan ou les masques à la biotine peuvent en revanche s’utiliser sans restriction particulière, en soin capillaire classique.
Une routine simple pour accompagner le changement
Un shampoing doux, sans sulfates, adapté à un cuir chevelu potentiellement plus sensible, associé à un brossage régulier pour stimuler la circulation, suffit la plupart du temps à accompagner ces neuf mois de transformation capillaire. Pas besoin de multiplier les soins techniques : la grossesse est justement une période où la simplicité rend service, aux cheveux comme au reste.
Le cuir chevelu, souvent oublié dans la routine grossesse
On pense beaucoup au ventre et à la peau pendant la grossesse, beaucoup moins au cuir chevelu, qui peut pourtant devenir plus sensible ou plus réactif sous l’effet des variations hormonales. Un massage doux du cuir chevelu, quelques minutes lors du shampoing, stimule la microcirculation sans nécessiter de produit particulier. En cas de démangeaisons persistantes ou de pellicules inhabituelles, mieux vaut consulter un dermatologue plutôt que de multiplier les soins sans diagnostic clair.
Se préparer à la chute post-partum plutôt que la subir
Savoir à l’avance que la chute de cheveux post-partum, généralement observée entre le deuxième et le sixième mois après l’accouchement, est un phénomène normal et transitoire aide à mieux la vivre le moment venu. Elle ne nécessite habituellement aucun traitement particulier et se résorbe d’elle-même en quelques mois. Si la chute semble excessive, localisée ou s’accompagne d’autres symptômes, un avis médical permet d’écarter une autre cause, comme une carence en fer parfois fréquente après l’accouchement.
Si un doute persiste sur un produit ou un traitement particulier, la meilleure ressource reste votre sage-femme, votre médecin ou votre dermatologue : eux seuls peuvent évaluer votre situation précise, notamment en cas de grossesse à risque ou de traitement médical en cours.




